VIA : Nano-BGA, C7 & LUKE
By Samuel D. - 23/05/2006
Sommaire:

 

Conclusion

 

Si les processeurs de VIA n'ont jamais vraiment rencontré de succès commercial en dehors des plateformes EPIA, l'arrivée du C7 semble amorcer une nouvelle tendance. En effet, suite à la décision de Free de choisir le CPU de VIA pour son offre "Dedibox", on pouvait légitimement se demander si ce processeur disposait enfin des performances minimums pour une utilisation polyvalente. C'est ce que nous avons cherché à savoir.

Parlons d'abord du C7. Pour être clair dés le début, ce processeur n'est en fait qu'un C3 légèrement modifié auquel VIA a ajouté différentes extensions comme le SSE3, le NX Bit ou une unité de cryptographie améliorée. Il hérite donc des défauts de son prédécesseur, c'est à dire d'une unité FPU trés lente (et c'est peu dire) et d'un traitement du SIMD en net retrait par rapport aux architectures modernes d'Intel et d'AMD. Toutefois, ces deux points ne sont pas la priorité pour le positionnement commercial du C7. En bref, on le comprendra aisément : le gain en performance observé sur le C7 face au C3 est principalement du à la hausse de fréquence.

Il est justement temps de parler des performances du C7. Sur des benchmarks synthétiques, le C7 accuse un très net retard qui le positionne à peine au niveau d'un petit Pentium 3. Dans la pratique, le C7 à 1.5 GHz ne s'en sort pas si mal et la version 2.0 GHz permet d'envisager plus que sereinement des applications diverses, d'une utilisation en serveur jusqu'a l'utilisation dans une multimédia box, qui permettra même de décoder un flux vidéo HD en 720p sans difficulté. Ce qui était impossible avec la précédente génération, bien trop justes dans la majorité des taches vidéo. Certes, le C7 ne peut en aucun cas rivaliser avec les Pentium 4 et autres Athlons sur des logiciels de calcul pur et dur, mais est-ce vraiment ce qu'un acheteur de CPU VIA attendra ?

Pas vraiment. D'ailleurs, qu'existe-t-il comme solution offrant une dissipation thermique si faible ? Un Geode GX d'AMD ? Très largement moins performant et ne permettant que des applications très restreintes. Un Yonah ou Dothan ULV ? Bien sûr, mais est-on prêt a payer trois fois plus cher pour disposer d'une puissance qui ne sera pas utile pour des logiciels qui ne demandent pas une grosse puissance de calcul ? Non. Au final, le C7 semble donc parfaitement adapté pour combler le fossé qui sépare le Geode GX et le Core Duo ULV. C'est le choix qu'a fait Free avec ses Dedibox. Choix qui risque d'ailleurs de faire germer des idées chez d'autres acteurs du milieu.

Un mot maintenant sur les cartes-mères et sur le Luke. Concernant les EPIA-EN, VIA reste dans la tradition du Mini-ITX et ses cartes ressemblent fort aux précédentes. Pour le Luke, il parait clair que la seule innovation de ce module est le packaging. Il s'agit d'un classique C3 Nehemiah et d'un Northbridge collé l'un à l'autre dans un boitier métallique faisant office d'IHS. Le gain en place permettant de placer le module sur une carte Nano-ITX. Bref, rien de neuf sous le soleil, mais ce subterfuge devrait enfin permettre à VIA de produire en masse les cartes Nano-ITX, ce que tout le monde attend maintenant depuis deux ans.

Au final, le C7 nous a un peu décu car nous nous attendions a de plus importantes modifications du coeur d'execution par rapport au C3, surtout avec les années de retard qu'à pris le core Esther. Cependant, avec du recul, le C7 vient combler un trou important dans l'offre en CPU du marché. En proposant un CPU consommant trés peu, économique, et disposant du minimum de performances vitales pour une majorité d'applications, VIA marque clairement un point. Pour peu que la disponibilité de masse suive, qu'un bug de viennent pas rappeler de mauvais souvenirs, et que les importateurs ne plombent pas trop les prix, le C7 peut se permettre le luxe de devenir un produit interessant dans le cadre d'un second PC, d'un serveur, ou bien d'autres choses.

 

 

 

 

 

 

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